15
Novembre
FAIRE CHANTER SA CLASSE : quelques conseils
Par Rémy CRUZ • Publié le 15/11/2018
Par Rémy CRUZ • Publié le 15/11/2018
Une classe qui chante est une classe qui RESPIRE et qui VIT. Alors, CHANTONS, CHANTONS, CHANTONS...
Quelques conseils :
1) LE CHANT AU COEUR DE LA PRATIQUE MUSICALE
____________________
Le grand secret pour progresser : chanter souvent !
A l’école élémentaire, il est important de chanter régulièrement pour progresser. On pourra consacrer quelques minutes à cette activité chaque jour. Ce moment servira de « moment de rupture », permettant aux élèves de se recentrer. C’est également un moment de plaisir fédérateur…
On pourra revoir un chant appris, faire mémoriser d’autres strophes…
On consacrera un temps plus long à une véritable séance d’apprentissage dans le cadre d’une séance d’éducation musicale inscrite à l’emploi du temps.
Il faudra choisir judicieusement le moment favorable à la séance de chant. Préférer un jour de la semaine et un horaire où les enfants ne sont pas fatigués ou excités. La musique demande de la concentration et de l’investissement. Le moment de la digestion, la fin d’après-midi, le début de la matinée ne sont pas les meilleures plages à l’emploi du temps. Le matin en particulier, la voix n’a pas encore été beaucoup sollicitée après le repos de la nuit, et a besoin de se rôder.
Remarques
La justesse (adaptation de l’organe phonatoire en fonction du son perçu) se construit progressivement. Il est donc dommageable de vouloir brûler des étapes !
– Si vos élèves chantent « faux » dans l’ensemble, c’est qu’ils ont manqué de pratique. Inutile de leur proposer des mélodies trop compliquées (beaucoup de variations de hauteurs), ni des mélodies qui montent trop haut au départ.
– Le chant polyphonique, chant à plusieurs voix (dont le fameux canon !), n’est pas un « sommet » à atteindre à tout prix. Il ne concerne que le cycle 3, à condition qu’il y ait eu une pratique suffisante en amont, et qu’on obtienne un bel unisson.
____________________
2) CHANTER DANS UN LIEU ADAPTÉ
____________________
L’idéal est de pouvoir disposer d’un espace ouvert (type salle de motricité), sans trop de réverbération, pour pouvoir faire les exercices corporels debout, et chanter en formation chorale.
Le placement des élèves en arcs de cercle, sur plusieurs rangées organisées par taille, permet aux chanteurs de bien s’entendre mutuellement et de voir le chef de chœur. Après plusieurs essais, il est bon d’adopter une position définitive. Ceci fera gagner beaucoup de temps au groupe et permettra à certains élèves en difficulté d’être à côté de chanteurs solides.
En élémentaire :
On chante très souvent en salle de classe.
Demander aux élèves d’avancer leurs chaises sous la table, de façon à pouvoir se tenir debout et avoir un espace suffisant.
3) LA PRÉPARATION CORPORELLE ET VOCALE
____________________
L’émission sonore met en jeu quelques 300 muscles!
Pour les mettre en synergie de façon optimale, il y a quelques petites notions à connaître . Il n’est pas nécessaire d’être un grand chanteur pour pouvoir accompagner les élèves sur la voie du progrès.
Décontraction, posture, respiration, place du son dans les résonateurs sont les maîtres mots de la mise en condition vocale.
4) / LA PHASE D’APPRENTISSAGE DU CHANT
____________________
Il est indispensable de bien connaître soi-même le chant à transmettre.
Ceci a deux grands avantages:
Vous aurez vous-mêmes expérimenté à l’avance ses difficultés, et aurez conscience des obstacles à franchir.
Il vous sera possible de l’apprendre aux élèves phrase par phrase. (Jeu du ping pong). Rien de tel pour rectifier la justesse sur de petits fragments, améliorer la précision rythmique…
Il est indispensable d’apprendre par étapes
Il n’y a pas de règle dans l’ordre d’apprentissage.
Il est indispensable de connaître la hauteur de départ : avec un instrument si on est musicien, à partir d’un Cd si ça n’est pas le cas. Soyez vigilants: notre hauteur de confort n’est pas forcément adaptée à la tessiture des enfants.
On préfère souvent commencer par le refrain (s’il y en a un). C’est le cœur de la chanson, aussi bien du point de vue du sens, que du point de vue de la musique.
Lorsque le rythme, et donc l’articulation du texte est rapide, on commence souvent par « mettre les mots en bouche »: c’est le parler-rythmé. On énonce le texte en respectant le rythme syllabique. On reprend le même passage autant de fois que c’est nécessaire, jusqu’à ce que l’ensemble de la classe dise le texte simultanément. Pour ne pas lasser, on peut s’amuser à changer le timbre, le caractère de sa voix, ralentir ou augmenter le tempo. On pose ensuite la mélodie sur la structure rythmique.
Lorsque le rythme est simple, les élèves reproduisent immédiatement la phrase musicale.
Travailler les difficultés mélodiques en reprenant lentement les intervalles difficiles. Matérialiser les changements de hauteur avec la main, est d’une grande aide quelque soit le cycle.
Il est indispensable d’apprendre aux élèves à « écouter » avant de « faire »
Les élèves, en chant, comme dans beaucoup d’autres domaines, ont tendance à se jeter dans l’action, avant d’avoir pris le temps d’écouter.
En musique, l’apprentissage se fait par le processus:
1ère écoute/reproduction du modèle/
2ème écoute après feed back du maître/réajustement
Le jeu du ping-pong doit donc être réalisé dans un silence absolu, quand c’est au tour du maître de chanter. La main du maître se désigne, puis désigne le groupe alternativement.
Il est indispensable d’apprendre soi-même à écouter
Ecouter est primordial pour le maître. Même si on n’est pas musicien, on est capable de juger du résultat obtenu et de demander un réajustement (chanter moins fort, chanter » plus ensemble », chanter plus juste). A défaut de pouvoir servir de modèle, on pourra s’appuyer sur un élève qui chante juste pour reprendre une phrase.
Il ne faut jamais chanter en même temps que ses élèves (ce qui nous empêcherait d’écouter ce qu’ils font…). Ce conseil ne vaut pas pour les CP, où la voix de l’adulte sert de moteur et de « guide-chant ». En CP, les enfants « suivent » le maître qui est souvent seul à entonner le début des phrases.
Il est indispensable de réfléchir à l’interprétation du chant
En fonction du chant, de sa structure, de son sens, on peut
Créer des effets d’échos
Confier certains passages à des solistes ou des petits groupes (si le chant a beaucoup de strophes)
Faire des nuances
Accompagner le chant de gestes qui vont aider à la mémorisation et soutenir la dynamique.
Créer un accompagnement rythmique lorsque c’est approprié (exemple, marquer la pulsation sur le refrain). Ceci dépend du style de la chanson, de l’effet produit. Il faut que l’ajout d’une instrumentation apporte quelque chose à l’esthétique de l’ensemble. Elle doit être bien réalisée, et faite par quelques élèves de la classe. On ne peut pas bien chanter et jouer d’un instrument en même temps.
Créer un paysage sonore en introduction
____________________
6) DIRIGER SA CLASSE
____________________
Pour diriger sa classe, il s’agit d’établir un ensemble de codes pour assurer un départ et un arrêt précis, donner des indications de tempo et de nuances.
Ce code doit être ritualisé pour être efficace. Le chef doit être présent dans les moments indispensables, sans en « faire trop ». Des gestes inutiles, peuvent « polluer » l’interprétation du chant au lieu d’être une aide.
Le niveau des chants interprétés à l’école primaire n’exige pas une direction académique (savoir battre les différentes mesures).
Diriger un chant à l’école élémentaire
1er geste: la position « d’accueil »
– Le chef de choeur lève les bras en ouverture , pour demander l’attention des chanteurs. Ses mains sont ouvertes, dans la même position que s’il tenait un gros marqueur invisible. Il regarde les élèves pour établir la communication. Il vérifie la posture des chanteurs. Il ne démarre que lorsqu’il y a le silence, et qu’il sent l’attention du groupe.
– Il donne le ton
– Eviter de compter pour donner le départ.
2ème geste: la respiration
Le chef de choeur fait « respirer » le groupe pour le faire démarrer, d’un geste précis, en faisant rebondir sa main sur un plan imaginaire situé à hauteur de nombril. Le geste (« le clic ») est sec, comme si le plan était brûlant. Pour aider les élèves, vous pouvez respirer avec eux (en même temps que votre main rebondit).
3ème geste: l’entretien de la pulsation
On entretien la pulsation d’une seule main, sans y mettre trop d’énergie (le chant dure souvent 2 minutes, il ne faut pas se fatiguer inutilement). Utilisez votre main directrice.
Lorsque vous souhaitez introduire des nuances, il suffira d’amplifier le geste pour obtenir un forte (prendre plus d’espace, ajouter la seconde main), diminuer l’amplitude pour obtenir un piano.
4ème geste: la relance
A certains moments du chant, il est indispensable de redonner une respiration claire pour que le groupe attaque de façon précise. C’est le cas:
– de l’attaque d’un nouveau couplet/refrain
– après une longue tenue, ou un silence
5ème geste: l’arrêt
Le maître referme simplement ses mains en signe d’arrêt, en traçant un cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour la main droite (le contraire pour la main gauche). Pour entraîner l’attention au chef, il est intéressant de demander à un élève chef d’orchestre de venir faire chanter ses camarades. Il ferme ses mains pour marquer l’arrêt de la comptine.
Quelques conseils :
1) LE CHANT AU COEUR DE LA PRATIQUE MUSICALE
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Le grand secret pour progresser : chanter souvent !
A l’école élémentaire, il est important de chanter régulièrement pour progresser. On pourra consacrer quelques minutes à cette activité chaque jour. Ce moment servira de « moment de rupture », permettant aux élèves de se recentrer. C’est également un moment de plaisir fédérateur…
On pourra revoir un chant appris, faire mémoriser d’autres strophes…
On consacrera un temps plus long à une véritable séance d’apprentissage dans le cadre d’une séance d’éducation musicale inscrite à l’emploi du temps.
Il faudra choisir judicieusement le moment favorable à la séance de chant. Préférer un jour de la semaine et un horaire où les enfants ne sont pas fatigués ou excités. La musique demande de la concentration et de l’investissement. Le moment de la digestion, la fin d’après-midi, le début de la matinée ne sont pas les meilleures plages à l’emploi du temps. Le matin en particulier, la voix n’a pas encore été beaucoup sollicitée après le repos de la nuit, et a besoin de se rôder.
Remarques
La justesse (adaptation de l’organe phonatoire en fonction du son perçu) se construit progressivement. Il est donc dommageable de vouloir brûler des étapes !
– Si vos élèves chantent « faux » dans l’ensemble, c’est qu’ils ont manqué de pratique. Inutile de leur proposer des mélodies trop compliquées (beaucoup de variations de hauteurs), ni des mélodies qui montent trop haut au départ.
– Le chant polyphonique, chant à plusieurs voix (dont le fameux canon !), n’est pas un « sommet » à atteindre à tout prix. Il ne concerne que le cycle 3, à condition qu’il y ait eu une pratique suffisante en amont, et qu’on obtienne un bel unisson.
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2) CHANTER DANS UN LIEU ADAPTÉ
____________________
L’idéal est de pouvoir disposer d’un espace ouvert (type salle de motricité), sans trop de réverbération, pour pouvoir faire les exercices corporels debout, et chanter en formation chorale.
Le placement des élèves en arcs de cercle, sur plusieurs rangées organisées par taille, permet aux chanteurs de bien s’entendre mutuellement et de voir le chef de chœur. Après plusieurs essais, il est bon d’adopter une position définitive. Ceci fera gagner beaucoup de temps au groupe et permettra à certains élèves en difficulté d’être à côté de chanteurs solides.
En élémentaire :
On chante très souvent en salle de classe.
Demander aux élèves d’avancer leurs chaises sous la table, de façon à pouvoir se tenir debout et avoir un espace suffisant.
3) LA PRÉPARATION CORPORELLE ET VOCALE
____________________
L’émission sonore met en jeu quelques 300 muscles!
Pour les mettre en synergie de façon optimale, il y a quelques petites notions à connaître . Il n’est pas nécessaire d’être un grand chanteur pour pouvoir accompagner les élèves sur la voie du progrès.
Décontraction, posture, respiration, place du son dans les résonateurs sont les maîtres mots de la mise en condition vocale.
4) / LA PHASE D’APPRENTISSAGE DU CHANT
____________________
Il est indispensable de bien connaître soi-même le chant à transmettre.
Ceci a deux grands avantages:
Vous aurez vous-mêmes expérimenté à l’avance ses difficultés, et aurez conscience des obstacles à franchir.
Il vous sera possible de l’apprendre aux élèves phrase par phrase. (Jeu du ping pong). Rien de tel pour rectifier la justesse sur de petits fragments, améliorer la précision rythmique…
Il est indispensable d’apprendre par étapes
Il n’y a pas de règle dans l’ordre d’apprentissage.
Il est indispensable de connaître la hauteur de départ : avec un instrument si on est musicien, à partir d’un Cd si ça n’est pas le cas. Soyez vigilants: notre hauteur de confort n’est pas forcément adaptée à la tessiture des enfants.
On préfère souvent commencer par le refrain (s’il y en a un). C’est le cœur de la chanson, aussi bien du point de vue du sens, que du point de vue de la musique.
Lorsque le rythme, et donc l’articulation du texte est rapide, on commence souvent par « mettre les mots en bouche »: c’est le parler-rythmé. On énonce le texte en respectant le rythme syllabique. On reprend le même passage autant de fois que c’est nécessaire, jusqu’à ce que l’ensemble de la classe dise le texte simultanément. Pour ne pas lasser, on peut s’amuser à changer le timbre, le caractère de sa voix, ralentir ou augmenter le tempo. On pose ensuite la mélodie sur la structure rythmique.
Lorsque le rythme est simple, les élèves reproduisent immédiatement la phrase musicale.
Travailler les difficultés mélodiques en reprenant lentement les intervalles difficiles. Matérialiser les changements de hauteur avec la main, est d’une grande aide quelque soit le cycle.
Il est indispensable d’apprendre aux élèves à « écouter » avant de « faire »
Les élèves, en chant, comme dans beaucoup d’autres domaines, ont tendance à se jeter dans l’action, avant d’avoir pris le temps d’écouter.
En musique, l’apprentissage se fait par le processus:
1ère écoute/reproduction du modèle/
2ème écoute après feed back du maître/réajustement
Le jeu du ping-pong doit donc être réalisé dans un silence absolu, quand c’est au tour du maître de chanter. La main du maître se désigne, puis désigne le groupe alternativement.
Il est indispensable d’apprendre soi-même à écouter
Ecouter est primordial pour le maître. Même si on n’est pas musicien, on est capable de juger du résultat obtenu et de demander un réajustement (chanter moins fort, chanter » plus ensemble », chanter plus juste). A défaut de pouvoir servir de modèle, on pourra s’appuyer sur un élève qui chante juste pour reprendre une phrase.
Il ne faut jamais chanter en même temps que ses élèves (ce qui nous empêcherait d’écouter ce qu’ils font…). Ce conseil ne vaut pas pour les CP, où la voix de l’adulte sert de moteur et de « guide-chant ». En CP, les enfants « suivent » le maître qui est souvent seul à entonner le début des phrases.
Il est indispensable de réfléchir à l’interprétation du chant
En fonction du chant, de sa structure, de son sens, on peut
Créer des effets d’échos
Confier certains passages à des solistes ou des petits groupes (si le chant a beaucoup de strophes)
Faire des nuances
Accompagner le chant de gestes qui vont aider à la mémorisation et soutenir la dynamique.
Créer un accompagnement rythmique lorsque c’est approprié (exemple, marquer la pulsation sur le refrain). Ceci dépend du style de la chanson, de l’effet produit. Il faut que l’ajout d’une instrumentation apporte quelque chose à l’esthétique de l’ensemble. Elle doit être bien réalisée, et faite par quelques élèves de la classe. On ne peut pas bien chanter et jouer d’un instrument en même temps.
Créer un paysage sonore en introduction
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6) DIRIGER SA CLASSE
____________________
Pour diriger sa classe, il s’agit d’établir un ensemble de codes pour assurer un départ et un arrêt précis, donner des indications de tempo et de nuances.
Ce code doit être ritualisé pour être efficace. Le chef doit être présent dans les moments indispensables, sans en « faire trop ». Des gestes inutiles, peuvent « polluer » l’interprétation du chant au lieu d’être une aide.
Le niveau des chants interprétés à l’école primaire n’exige pas une direction académique (savoir battre les différentes mesures).
Diriger un chant à l’école élémentaire
1er geste: la position « d’accueil »
– Le chef de choeur lève les bras en ouverture , pour demander l’attention des chanteurs. Ses mains sont ouvertes, dans la même position que s’il tenait un gros marqueur invisible. Il regarde les élèves pour établir la communication. Il vérifie la posture des chanteurs. Il ne démarre que lorsqu’il y a le silence, et qu’il sent l’attention du groupe.
– Il donne le ton
– Eviter de compter pour donner le départ.
2ème geste: la respiration
Le chef de choeur fait « respirer » le groupe pour le faire démarrer, d’un geste précis, en faisant rebondir sa main sur un plan imaginaire situé à hauteur de nombril. Le geste (« le clic ») est sec, comme si le plan était brûlant. Pour aider les élèves, vous pouvez respirer avec eux (en même temps que votre main rebondit).
3ème geste: l’entretien de la pulsation
On entretien la pulsation d’une seule main, sans y mettre trop d’énergie (le chant dure souvent 2 minutes, il ne faut pas se fatiguer inutilement). Utilisez votre main directrice.
Lorsque vous souhaitez introduire des nuances, il suffira d’amplifier le geste pour obtenir un forte (prendre plus d’espace, ajouter la seconde main), diminuer l’amplitude pour obtenir un piano.
4ème geste: la relance
A certains moments du chant, il est indispensable de redonner une respiration claire pour que le groupe attaque de façon précise. C’est le cas:
– de l’attaque d’un nouveau couplet/refrain
– après une longue tenue, ou un silence
5ème geste: l’arrêt
Le maître referme simplement ses mains en signe d’arrêt, en traçant un cercle dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour la main droite (le contraire pour la main gauche). Pour entraîner l’attention au chef, il est intéressant de demander à un élève chef d’orchestre de venir faire chanter ses camarades. Il ferme ses mains pour marquer l’arrêt de la comptine.